Lucas au travail
The beginning - making of Episode 1 (bonus DVD)

 

Ca se passe avant le tournage de l'épisode un.

Les techniciens, menés par le producteur, Rick Mac Callum, sont amenés à travailler sur un projet dont ils ne connaissent pas le script. Et pour cause, le scénario n'est pas fini et Lucas ne fait passer que des bribes d'informations à ses collaborateurs. Le script est-il juste fini dans la tête de Lucas ?
Finalement, on réalise assez vite que de producteur, Rick Mac Callum n'en est pas un : c'est un régisseur, un responsable logistique et paperasse.
A aucun moment, il n'émettra d'avis artistique sur le film ou sa production.

Lucas est tout puissant.

Le responsable des effets spéciaux dit «  je pense que cela va être très difficile à faire »
Lucas dit « Alors il faut changer les méthodes pour que désormais cela soit facile à faire pour nous mais aussi pour les autres. ».
Drôle de type.
Qui sort de sa retraite pour changer la façon de faire du cinéma. Et si ce fou avait raison ? Combien de personnages en images de synthèse avant Jar-Jar ? Aucun. Après ? beaucoup.
C'est la raison d'être de Jar Jar : une vitrine techno pour les nouveaux outils de ILM.

Les épisodes suivants démocratiseront le tournage des films sans décors (vivent les écrans bleus et verts- par ailleurs omniprésents dans les décors des deux films) et des modifications / remplacements de personnages par des images de synthèse (Le corps d'un cascadeur avec la tête de Christopher Lee, les doublures numériques, le corps d'une grenouille avec la tête de Yoda, non je déconne).
Ce qui importe à Lucas, c'est de créer de nouveaux outils pour garantir la toute puissance de l'artiste.
Lui qui est incapable de finir ses films et qui n'en finit plus de les refaire.
L'avenir du cinéma - d'un cinéma devrait-on dire - dans la tronche d'un barbu à goitre coiffé comme Superman. Et durant tout le making of, pas la trace d'un seul de ces type du studio en costume dont se plaignent les autres réalisateurs. Et si George était un artiste ?


Lucas est libre.
Il est libre de faire sa nouvelle trilogie comme le peintre qu'il a toujours été (bla bla bla, la menace fantôme est filmé platement bla bla). Il faut le voir se balader avec ses stabilos devant un grossier storyboard et surligner en bleu les scènes qui seront tournées en numérique, en rose les scènes en live, en jaune les scènes mélangeant les deux techniques. Ca fait de drôles de tableaux.


Et si Lucas aimait faire des films ? Casting du petit Anakin. Trois gamins répètent la même scène. L'un joue, l'autre surjoue, le troisième se plante dans les dialogues. Lucas sourit. Il le voit enfin, son Anakin.

C'est cool, pas de pression, ils ont le temps, on tourne dans deux ans.
Juste envie de commencer à tourner une saga. Qui décevra. Forcément.
Lucas s'en fout. Il tourne son film. Ballade avec Spielberg dans le hangar. Les deux gamins s'amusent avec un mannequin droïde.
Quelques claps et un orage ravageur plus tard, Lucas se remet au boulot. Episode deux que ça s'appelle. Il a du boulot le Lucas. Il a des images à montrer. Et peut-être bien le cinéma à changer.

 

 

RN

Filmographie de George Lucas (lien Imdb)