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Des pasionarias dont l'autisme est fatal Un pitch pareil, ça change. Ca fait pas vraiment envie mais on se dit que bon, quand le réalisateur du film se nomme Alejandro Amenabar, on va tout de même tenter le coup. Les autres arrivait pourtant avec de gros handicaps. Sur le papier, comme Agora, le petit ne part pas qu'avec des avantages : la production, d'abord, avec Papa Cruise qui régale et maman Kidman qui vient chercher un oscar des fois que. On imagine les pressions sur les encor frêles épaules du pequeno Alejandro. Et puis Les autres sort juste après Sixième sens, la bombe de Shyamalan qui vient juste de faire péter le box-office et accessoirement de ranimer par là-même le film d'horreur. Or Sixième sens et Les autres sont deux films à twist (c'est à dire avec un retournement de situation final rendant fous les spectateurs et crispant au passage les critiques, pas contents de s'être fait prendre au jeu) et leur twist est identique. Coup de bol, le film est une pure merveille et le traitement d'Amenabar sent bon l'amour du genre. En gros, le zozo revisite Le tour d'écrou (un classique du roman fantastique, de même que son adaptation, Les innocents de Jack Clayton) en ne lésinant pas sur le dark. Finalement, le principal truc pompé sur le film de Shyamalan réside dans cette volonté de faire de l'horreur premier degré. Tant mieux pour nous. Du coup, Kidman, loin d'être insupportable, en profite pour nous livrer une prestation de haut vol. Quelques années plus tard, Agora nous confirme désormais le goût d'Amenabar pour ces personnages de femmes fortes, un peu à la Cameron mais en moins agité, folles car convaincues d'agir pour le bien quitte à tout sacrifier pour leur cause (les enfants là-bas, la préservation du savoir ici). Comme la Penelope Cruz d'Ouvre les yeux, un autre drôle de film de genre d'Amenabar, ces femmes s'ébrouent à défendre leur cause malgré le réel, ou plutôt malgré les énormes altérations de la réalité qui les entoure. Photo : Les autres d'Alejandro Amenabar L'histoire de l'humanité avec un GPSAinsi, si Penelope Cruz ne se sait pas rêvée, si Nicole Kidman ne se sait pas morte, Rachel Weisz ignore que la raison, ce pour quoi elle se bat, à déserté le monde. Agora nous montre un basculement, d'un monde qui marchait à peu près à un marasme de violence causé par les religions. Si, comme Amenabar semble vouloir nous le montrer, la société de l'époque est construite autour de cercles plus ou moins concentriques (la planète, la ville, l'agora, place du marché qui donne son nom au film), on constate peu à peu que tout fout progressivement le camp. En effet, si Kidman était une morte parmi les vivants, Rachel Weisz est ici une vivante parmi un monde de morts en sursis. Alors que la belle essaie d'expliquer les saisons ou le jour et la nuit par la science, les hommes se tuent au nom de leurs dieux. Ca parait un peu théorique, tout ça, un peu donneur de leçon, mais ça fonctionne de par l'originalité du point de vue : Amenabar (rien à voir avec Benabar) choisit de faire de nous des extraterrestres regardant la terre de loin, façon Google Earth. Et ça fait drôle. Parceque d'habitude, dans un peplum, on croise des guerriers, des gladiateurs, ou encore des fermiers pacifistes devenant finalement de bons gros guerriers tout musclés. Au mieux, on croisera des politiciens archi-véreux amateurs de gladiateurs. Pas ici. Amenabar nous montre ainsi un quotidien antique encore peu vu au cinéma, quasi documentaire, où la majorité des personnes ne passe pas son temps à se huiler le corps ou à se battre. Alexandrie était aussi peuplée d'étudiants, de chercheurs ou de sous-préfets ayant des décisions pas toujours faciles à prendre. L'magerie d'Epinal en prend un coup et on ne sait pas si Amenabar a modernisé le passé dans un élan anthropomorphique ou si les autres réalisateurs l'avaient simplifié pour la même raison. Toujours est-il que si le peplum est souvent un sous-genre du film d'action se doublant d'un chouïa de politique (because la colonisation des romains et la traditi Comme dans ce très chouette épisode de La quatrième dimension, Peine capitale, où un homme, incapable de sortir d'un cauchemar sans fin, revit sa condamnation à mort indéfiniment. Le pauvre gars rêve sans cesse de son procès et de ses dernières minutes, les personnages de son rêve changeant sans arrêt de rôle. Son pote de cellule revient comme juge, le juge joue les prêtres, et ainsi de suite jusqu'à ce que folie s'en suive. Ici, la situation est identique, et depuis l'agora circulaire, lieu de débat de la ville devenant rapidement le théatre grotesque de la propagande la plus ridicule, jusqu'à ce petit jeu de manège amenant la victime du jour à devenir le bourreau du lendemain. Hypathie apprendra à son corps défendant qu'en effet, la terre était bien ronde et que les hommes sont comme prisonniers d'une fatalité les poussant à se détruire en débitant des discours de paix. Autour de la belle astronome (qui a bel et bien existé) tous les passages obligés du peplum se déroulent tristement (un esclave s'affranchit en trahissant les siens, un jeune loup devient préfet tout puissant vendant son âme, un élève brillant devient obscurantiste en chef), et tout ce background bruyant et violent ne fait qu'éloigner l'humanité d'une avancée scientifique majeure, qui mettra plus d'un siècle à ressortir le bout du nez, avec Copernic puis Galilée : les planètes tournent autour du soleil selon un orbite elliptique et non circulaire. Cette partie du film, la quête scientifique, peut paraître artificielle mais, à voir les barbus de l'Agora s'entretuer dans un ballet répétitif donc circulaire et surtout dans une amnésie furieuse, on se prend, comme Hypathie la scientifique et Amenabar le petit savant fou du ciné de genre, à louer les vertus de l'ellipse. Photo : La quatrième dimension - épisode "Peine capitale" de John Brahm
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