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Les frères Coen nous montraient déjà dans "Le grand saut" des winners de la finance qui faisaient tout pour occuper le bureau le plus haut des immeubles (plus c'est haut, plus c'est la classe) mais qui empruntaient tous la même trajectoire : arrivés tout en haut, au premier résultat négatif, il se jetaient joyeusement par la fenêtre. Comme si la fuite verticale de l'homme était perdue d'avance. Et l'homme de la rue évoque plus encore "King Kong" (le vrai, de Schoedsack et Cooper, pas le Jurassic Park 12 de Peter Jackson), qui mettait en scène, dans le même contexte économico-apocalyptique, la création psychique d'une femme passant de l'étape de merveille du monde adulée mais exhibée à celui d'homme à abattre. Et l'homme / le gorille d'aimer en silence celle qui l'a fait puis qui l'a trahi. Les deux films, qui se finissent en haut d'un building, nous montrent aussi à quel point la foule est un monstre. Et le lynchage de John Doe est encore plus violent que les New-yorkais désireux d'en finir avec un roi Kong vachement impressionnant mais quand même plus rassurant enchaîné. |
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Parceque John Doe n'est pas John Doe mais juste un quidam casté pour jouer le rôle de John Doe, la foule, qui mettait tant d'espoir en lui, se transforme en ennemi. Et peu leur importe qu'entre temps, il soit devenu le vrai John Doe. Peu importe qu'à la fin, Doe désire vraiment changer le monde et assume son statut de meneur. Peu importent les idées, même si elles sont bonnes. Le chemin vers les motsLe film nous montre la naissance avortée d'un mouvement politique. D'abord le cri, ensuite les mots. C'est un peu ça, la politique, semble nous dire Capra. Au commencement, il y avait le cri. Le refus de l'injustice qui pousse Ann à créer le John Doe fictif qui décide, symboliquement, de se balancer de l'édifice représentant le pouvoir politique de la cité : la mairie. |
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![]() Jean Lassalle |
Parceque la politique existe pour ne pas en arriver à cette crise qui en appauvrit beaucoup et en enrichit peu. Ou plutôt, c'est à cela que la politique devrait servir. Un cri. Comme celui poussé par Jean Lassalle. Le député s'est mis en grève de la faim pour empêcher la délocalisation d'une grosse usine. Et ça a duré des semaines. Le jusqu'au-boutiste centriste (si ça c'est pas de l'oxymore, je ne m'y connais pas) a finalement obtenu gain de cause mais son initiative, beaucoup critiquée (a-t-on le droit de faire un tel chantage ?) a posé une question fondamentale : dans un contexte où la recherche de profits est devenue le seul modeleur de l'espace public, est-ce que moi, député et donc représentant du pouvoir politique, je dois encore exister physiquement ? Mieux vaut mourir qu'assister, spectateur forcément complice, à la mort de la politique. |
L'acteur devra apprendre à cohabiter avec les mots en même temps que le personnage qui devra formuler les cris du peuple et proposer des réponses. T'es plutôt bouche ou oreille ?Les politiciens de "L'homme de la rue" sont des connards. |
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RN |