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Même auto-révélation active. Même contrainte. C'est à dire quitter les habits ternes du mari idéal pour (re)découvrir son propre corps, une sexualité renouvelée, mieux. un amant qui en a. Le festival de la coucougnette s'ouvre donc avec des jambes, du muscle et de la cuisse. Du trop plein qui déborde. Un paquet de testostérone pour (re)conquérir madame qui n'y croyait plus vraiment. Courir, c'est un peu monter les escaliers avec la promesse de mille petites culottes au dernier étage. C'est sauver sa peau. C'est schizo. Ca s'appelle une double vie avec la dépense d'énergie corollaire. Du mythe par paquet de 12. Ici, la figure classique d'un cadre moyen (employé dans les transports routiers - ben voilà, c'est dit c'est fait concernant la circulation des corps) qui pousse l'accélérateur à mort, passe la cinquième, se grille la cervelle pour chasser les démons. Photo : La mort aux trousses de Alfred Hitchcock Mille culottesHunt est un petit gars tranquille en réception avec les amies de sa femme. Il se la pète cool à lire les lèvres de ses copines. C'est léger. C'est son truc. Faut dire, le chasseur se titille tout seul dans la cuisine avec les mains dans le frigo. Ses yeux matent toutes ces dames qui s'en tamponnent. Le mariage est programmé en milieu de film. La messe est dite. Sauf qu'un appel téléphonique relance les vieux démons. L'aventure. L'adrénaline. Un shoot au cerveau comme une éjaculation. Une explosion quoi. C'est tellement puissant qu'il aura une bombinette dans la tête comme son ex-collaboratrice over sexy. Ben oui, pour supporter la vie de couple, faut sortir dehors, courir dans les rues, des fantasmes, s'exploser la tête, faire péter les immeubles, c'est dedans et dehors à la fois. Un truc de machine à jouir. Bien sûr, l'excitation passe par le risque. Un flirt permanent avec la mort. Comble du scénario, ça passe aussi par des stratagèmes super rationnels et high tech (schéma à l'appui sur la vitre d'un building). Un peu comme les adultères. Hunt monte des scénarios ultra rationnels pour cacher la vérité à sa femme et vivre sa double vie exaltée. Chérie, je vais chercher des glaçons à l'épicerie fine en face, je fais péter un immeuble, je reviens tout de suite. Hunt s'épuise dans les plans (comme un architecte). Ca s'appelle les préliminaires. Les escaliers aux milles culottes. Eyes wide shut un petit coup
Kubrick racontait cette excitation sous forme d'errance urbaine dans Eyes wide shut. Déjà Tom Cruise cherchait la face cachée de la lune (ses fantasmes), vivait un presque (r)éveil sexuel avec la frustration comme moteur érotique puis retrouvait sa femme un tantinet transformée. "Let's fuck" au final. Retrouver son corps chargé d'une nouvelle énergie érotique. Photo : Eyes wide shut de Stanley Kubrick Scénario surmultipliéLes scénaristes connaissent leur petit Freud illustré par cour. Mais faut tenir le spectateur avec du suspense (voir la définition selon Hitchcock dans la boite à images de l'INA). Abrams, en bon réalisateur télé, la joue baroco et mixe les chronos pour relancer la machine comme autant de scènes sexuelles. Mieux encore, les espaces mentaux, géographiques et temporaires se mêlent. Mondialisation de l'action (je cours à Shanghai et j'ai pépère au téléphone à New York), macro vues du ciel et enjeux mentaux avec une bombe dans le cerveau, des avions et un corps agrippé à un pont. soit des grands écarts dans un grand tout. Du déchirement permanent. La télé biberonne le cinéma comme jamais avec une rare densité d'actions simultanées (un peu LCI et ses niveaux de lectures superposés avec défilement texte + images + son). MI3 cumule les strates pour mieux écarteler le personnage. et le spectateur. Inconfort de l'image jusqu'au flou. En pleine jouissance, fermer les yeux. Perte du sens. De la réalité. Du vrai. On passe au simulacre. Une limite est atteinte. La visibilité se dilue dans un mouvement anti éros. Le porno n'est pas loin. Et notre Jean Baudrillard illustré, il dit quoi ? "Le porno n'est que la limite paradoxale du sexuel : exacerbation réalistique, obsession maniaque du réel - c'est ça l' "obscène", étymologiquement et dans tous les sens". Un peu plus loin dans son célèbre "Oublier Foucault" en 1977 : "Désormais il est dit non plus : "Tu as une âme et il faut la sauver", mais : Reprenons, Mission : impossible 1 la jouait théorique (les images), le 2 dilatait les regards amoureux et le 3 superpose temps et espaces pour jouir lessivé, se perdre et se retrouver. C'est pas moi qui le dit mais prendre le tiercé Cruisien au sérieux serait un bon début. Tant qu'on y est, voilà sa filmo (lien imdb). A vous de bosser maintenant.
DS |