![]() |
|||||
C'est aussi l'occasion de rencontrer les auteurs de science-fiction ou de fantastique et de faire la queue pour obtenir l'autographe d'un figurant de Star Wars. Une grand messe qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie pour pouvoir prétendre au titre de nerd. Le troisième type Graeme et Clive sont donc deux nerds heureux de faire de la comic con de San Diego la première étape d'un tour des USA à leur sauce. Rappelons que le nerd, c'est le niveau au dessus du geek : des mecs plutôt asociaux fans absolus de littérature SF et passionnés de science. Loin des programmes bios de Nouvelles Frontières, le circuit des deux gus passe donc par une visite de la zo Paul est donc un road movie du troisième type, jouant à fond la carte geek par des références aux grands classiques du genre à chaque coin de scène mais tenant le principe picaresque selon lequel sur la route, plus on rencontre de gens différents, plus on apprend à se connaître. Le mélange pourrait être indigeste, artificiel ou opportuniste mais derrière la caméra, Greg Mottola tient bon se permettant, par la grâce d'un scénario génial, d'éviter le piège du blockbuster référentiel. Ici, il n'est pas question de rappeler des classiques tels que Starman, E.T., Rencontre du troisième type, Alien ou les Star Wars pour donner au spectateur geek sa dose de connivence : puisque Paul est arrivé dans les années soixante et qu'il a inspiré Spielberg, Lucas ou Carpenter, ce sont au contraire leurs films qui seraient des clins d'oeil à Paul ! Photo : Rencontre du troisième type de Steven Spielberg Bromance Greg Mottola n'a pas son pareil pour nous prendre aux tripes alors que le pilotage automatique aurait fait l'affaire. On aurait signé pour un Paul gentiment référentiel et drôle : il en fait une odyssée nostalgique mais pas déceptive sur les nerds. Les héros Mottoliens (non, ce n'est pas une marque de téléphone) deviennent ainsi passionnants dans leur attitude face à l'objet de leur pass Dans Paul, lorsque Clive, l'un des deux nerds, rencontre l'alien, il est déçu. Le fruit de ses fantasmes les plus fous est là, juste à côté, super cool, en train de faire des doigts, de péter et de disparaître à volonté mais Clive fait tout de même la gueule. Hola ! Ils seraient pas un peu gays, ces deux là ? Ben on s'en fout, mon capitaine. Ils s'aiment dans la plus belle ambiguïté : une bromance, qu'on appelle ça, à mi chemin entre des frères et des amants (Brother et romance - ne pas confondre avec le bromure, qui produit l'effet inverse). Un peu des deux, beaucoup des deux. Comme dans les films de Miyazaki, où l'amant est toujours un peu le frère de l'héroïne, sauf qu'ici on a droit à une version à moustache. L'ombre du géant japonais plane même sur Paul de par la générosité déployée à l'égard des personnages. Dans leur périple, les deux nerds et leur petit gris embarquent une jeune catho intégriste borgne, sorte de Sarah Palin encore vierge. Paul se montre, ranime son oeil et se décrit en preuve vivante de l'évolution. La petite tombe dans les pommes et se réveille de gauche, jurant comme un charretier et excitée comme une puce. Elle tombe dans les bras de Graeme leur permettant ainsi de vivre leur première idylle. Le rapprochement des deux tourtereaux est beau et malin, comme si, le nerd et l'intégriste se libéraient de leurs carcans afin de pouvoir enfin perdre leurs virginités. Comme si les deux avaient connu des vies un peu trop orthodoxes, les privant de pas mal de trucs sympas. Avec ses vélléités libératrices, Paul devient ainsi un pur personnage religieux, celui qui redonne la vue, au propre comme au figuré, et provoque un spectacle sons et lumière au pied d'une réplique du mont Sinaï. Le petit alien devient une machine à réparer par le biais, pour les quelques humains l'accompagnant, d'un voyage au sein de leurs souvenirs, nerds (il y a même Ripley venue dégommer de l'Alien une fois de trop) ou pas. Photo : Supergrave de Greg Mottola
RN |