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Un beau bordel avec des fois Superman dedansUn black fait la queue à l'ANPE pour se faire annoncer qu'on lui sucre ses allocations chômage. Il doit vite chercher du taff pour bouffer et choisit de suivre une formation en informatique. S'en suit une scène de pur burlesque muet dans les rues de Métropolis où comment un quartier part en couille par enchaînement de gags visuels (une roller qui fait tomber des cabines téléphoniques comme des dominos, des pingouins automates qui se barrent de tous les côtés, un aveugle paumé, un employé du marquage des routes qui trace des lignes pas droites...) pendant que le générique défile avec hérésie. Les noms ne se succèdent plus sur un beau fond spatial, comme les deux premiers films. Même la traditionnelle musique de Williams a été virée. Christopher Reeve passe par là et éteint un petit pingouin en feu. Décidément, c'est moins glamour qu'à l'époque où ça commençait par Marlon Brando et la destruction de Krypton. C'est conforme à la vision de Lester : le film ne va pas causer de Superman, il va s'intéresser à l'Amérique de Reagan. Il va nous raconter un pays qui se dérègle, qui ne tourne plus rond (le générique), qui génère des pauvres. Un pays qui part en sucette avec un soi-disant sauveur qui n'a plus vraiment sa place. |
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Cet Auguste (comme le clown) Gorman joué par un Richard Pryor semble sorti du Satuday night live ou du "Flic de Berverly Hils". Entre comédie réglée comme du papier à musique (Lester a réalisé deux films pour les Beatles et ça se voit) et satire d'une Amérique à la Madelin, Superman joue un peu les utilités. Pas très funky, le kryptonien. Le vrai combat du film se résume ainsi à Richard Pryor versus Robert Vaughn : lequel va arnaquer l'autre, va se servir le plus habilement de l'autre ? |
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Un chemin de croix pour éviter l'hospiceSi le film s'intéresse moins à Superman qu'à l'ascension sociale (Azouz Begag est demandé à l'accueil nord) aussi rapide qu'illusoire de Gus Gorman, c'est parceque dans cette Amérique en crise, le héros ne sert à rien. Les maux semblent trop difficiles pour le kryptonien. Empêcher un train de dérailler, éteindre un incendie chimique en glaçant un lac, ça ne suffit plus, c'est bon pour les gosses. C'était avant que les avions aient la fâcheuse manie de tomber du ciel. La plaie du Métropolis de "Superman 3", c'est cette machine à générer des exclus. Ce déreglement de la société. Le film ne cesse de nous montrer des machines qui s'emballent, du générique avec ses pingouins loudingues à la scène finale et son ordinateur devenu autonome et ne cessant de vouloir du pouvoir. Même Superman se dérègle. Vaughn et Pryor voulaient faire de la kryptonite, il se plantent et, au lieu de buter Supermec, voilà qu'ils le rendent méchant. |
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![]() L'hospice de Gilles Barbier |
Superman sombre, le film décolle. Jusque là, Superman, en tant qu'idéal héroïque d'une Amérique fière d'elle semblait perdu, décalé, anachronique. On l'imaginait déjà en pensionnaire de l'hospice pour vieux super-héros de Gilles Barbier. Il semblait ne plus rien y avoir à sauver dans le monde. Le film semblait raté, parodique, un nanar fait par un mercenaire d'Hollywood si la déprime du héros et (donc) du pays n'était pas justement le sujet du film. Devenu méchant, il intéresse manifestement plus Lester qui prend un malin plaisir à souiller l'image du propret Superman. Il redresse la tour de Pise, éteint la flamme olympique, provoque une marée noire pour pouvoir se taper une bimbo (ça doit faire mal). Et pour finir se saôule la gueule dans un bistrot en s'amusant à refaire la déco à coup de cacahuètes (!). |
Toute bonne chose a cependant une fin et c'est un insupportable gamin qui sonnera la fin de la récré. Il balancera le mot magique, résumant le film et le désespoir de Lester dans les années Reagan à la fois : "Superman, tu peux t'en sortir, je sais que tu m'entends, tu n'es pas méchant : c'est juste une déprime passagère". La crise, les homeless, la jungle du chacun pour sa gueule : Lester garde l'espoir que ce ne soit qu'une déprime passagère. Dont on sortira un jour. Une mauvaise passe qui mène le héros déchu au point d'orgue des quatre premiers Superman. Sommet d'un film aujourd'hui complètement oublié car mis dans le même sac que son nanaresque (et sympathique) successeur : le combat entre Superman et Clark Kent. Le méchant Superman (pas rasé et fringué plus sombre) se dédouble et se bat contre un clone de lui-même qui prend l'apparence de Kent (sinon on ne comprendrait rien de ce qui se passe à l'écran, les gars). Génial combat qu'on ne comprend finalement pas bien (c'est qui le plus fort si c'est les mêmes ?) mais qui reste une pièce jouissive. C'est que les gars se balancent comme des jambons et fond des bonds de 20 mètres en cassant tout autour. Un aperçu de ce que les films de super-héros nous ont apporté avec l'avènement des effets spéciaux numériques (Hellboy le cauchemar des décorateurs, X-men 3 et sa demi-heure finale de combat non-stop, yeah!). Ou Quand Bettelheim rencontre Terminator dans ce film schizophrène et de schizophrènes. |
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RN |
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