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"Tu sais sans doute que la bande dessinée est une de mes passions. Surtout les histoires de super-héros. Je trouve que toute cette mythologie qu'il y a autour des super-héros est fascinante. Prenons par exemple mon super-héros préféré : Superman. Pas trop terrible comme BD, pas génial au niveau du dessin, mais la mythologie, la mythologie, elle, est tout à fait géniale, elle est brillante. Retranscription du monologue de Bill (David Carradine) à Beatrix (Uma Thurman) dans Kill Bill volume 2 de Tarantino. In bed with SupermanAlors Superman revient. Avec son "S" et son slip rouge. Parcequ'il était parti. Le petit gars avait décidé de revoir Krypton mais il n'a trouvé qu'un cimetière. Le voilà qui rapplique comme à l'époque : un vaisseau-landau en forme de virus HIV qui se viande dans les champs de Smallville. Et un Bryan Singer à la réalisation qui décide de réaliser non pas Superman 5 mais la suite directe de Superman 2 (tant pis pour nous, névrotiques qui adoront les épisodes 3 et 4). Et le Singer de réaliser aussi le premier film SUR Superman. Parcequ'il faut bien dire que les précédents faisaient la part belle à Clark Kent, amoureux éconduit de Loïs Lane, Superman se chargeant d'emballer les gonzesses et de faire arriver les trains à l'heure. Peu de Clark, donc dans ce Superman returns, les rares scènes importantes impliquant Clark nous sont montrées du point de vue de Supermec : comment Clark entend à travers les portes, comment Clark mate Loïs à travers l'ascenseur (superbe scène)... Tout n'est que focalisation interne depuis Superman qui, suivant la théorie tarantinienne, joue à l'humain. C'est qu'en son absence, le monde a fait sans lui. Loïs Lane aussi. La petite a reçu le prix Pulitzer pour un article nommé "Pourquoi le monde n'a pas besoin de Superman". Et elle a dû lui trouver un remplaçant dans sa vie. Un mec qui vole aussi, mais sans le slip et la cape. Avec un hydravion. Il s'appelle Richard (cool ! pour une fois qu'un Richard n'est pas un connard dans un film américain) et c'est le neveu du patron du Daily Planet. Le gentil gars joue son rôle de substitut de Superman comme il peut et semble se démmerder plutôt pas mal. Lane a même eu un gosse avec lui. Le terminal de Steven Spielberg Impardonnable absenceCinq ans. C'est le temps que Superman nous avait laissé pour chercher Krypton. Et si je calcule bien, il y a cinq ans, on était en juillet 2001. Soit quelques mois avant le 11 septembre 2001. En gros, au moment où les hommes avaient le plus besoin de lui, le kryptonien retournait au bled. Comment voulez-vous rester sauveur de l'humanité en chef quand on a raté ça ? Et je ne parle pas du Tsunami (ou du 21 avril). Voilà pourquoi à son retour, Superman constate que le monde va (mal) sans lui et que plus que jamais, il ne fait pas partie de l'humanité. Singer va donc lui faire vivre le 11 septembre. Dans le désordre, mais tout y est. Cette drôle de piqure de rappel est nécessaire pour que Superman puisse enfin communier à nouveau avec les hommes. Eux qui s'étaient habitués à célébrer les pompiers, faute de héros volants. Il est d'ailleurs important de constater que depuis le 11 septembre, l'héroïsme des pompiers est venu concurrencer celui des super-héros : rappelez-vous que dans les deux Spiderman, Peter Parker trouve puis retrouve sa vocation dans des immeubles en flammes. Un Fenwick tristeL'absence de Superman, pour impardonnable qu'elle aie été, est justifiée par la recherche carrément métaphysique de ses origines. On vous l'a dit, ce film est le premier qui adopte le point de vue de Superman (finalement les films de Donner et Lester sont vécus du point de vue des terriens). Et la grande idée de Singer est de faire de Superman non plus un gentil boy-scout mais un sauveur triste. Le pendant du David Dunn du sublime (et on se retient) Incassable. Dans le chef d'oeuvre de Shyamalan, Bruce Wilis devient super-héros non par choix mais parcequ'il ne peut rien faire d'autre. Il n'a plus le goût de rien parcequ'il n'a pas trouvé sa place. Un super-héros qui s'ignore, triste, qui retrouve le sourire (et encore) quand il sait à p Superman serait un David Dunn avec des pouvoirs (surtout utilisés ici pour soulever : avions, voitures, bateaux, continent, un vrai Fenwick en slip rouge), mais encore plus triste car apatride et amoureux éconduit (finalement, et c'est une surprise, Loïs Lane ne lui tombe pas dans les bras). Alors niveau action, Singer s'arrange pour en finir assez tôt avec les scènes qui dépotent. Comme s'il cherchait à livrer le minimum syndical vite fait pour en arriver au vrai sujet du film, la quête d'identité d'un étranger sans autres repères sur ses origines que ce qu'un hologramme de son père lui en a dit. Un homme sans passé qui prend plaisir à se rappeler de la découverte de ses pouvoirs à Smallville. La scène est belle, la scène est triste puisque ces souvenirs de gamins qui saute de cuve en toîts demeure toute son histoire. Il n'a jamis vu Krypton et est condamné à rester en diaspora. La boucle se bouclera grâce à Lex Luthor. Le vilain chauve (Kevin Spacey, jetez un oeil dans le Larousse à "cabotinage") décide de créer un nouveau continent et utilise pour cela les cristaux de Marlon Brando. Il recrée un nouveau Krypton mais y ajoute la kryptonite pour pouvoir buter Superman. Pour Superman, renouer avec ses origines serait donc mortel. Pour arrêter la catastrophe géologique (créer un nouveau continent, c'est en rayer d'autres de la carte), Supermec va devoir soulever le morceau de terre en retournant dans le ventre de la planète (Superman reborns ?). Et le super-héros de balancer le continent kryptonien dans l'espace en souffrant le martyr (tout n'est progressivement que kryptonite). A l'agonie, Superman voit cette Krypton flotter dans l'espace. Lui qui l'avait cherché si longtemps. Ce n'est pas la vraie planète Krypton mais ça y ressemble. Mieux que rien. Photo : Incassable de M. Night Shyamalan
RN |