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Le dîner des pas consAu début, c'est juste une bouffe dans un resto. Entre réalisateurs d'horreur. Mick Garris, réalisateur mollasson spécialisé dans les adaptations de bouquins de Stephen King à la télé (c'est le mec qui adore foncer dans le mur en réalisant des trucs inadaptables comme "Le fléau" ou un remake télé de Shining cette fois-ci conforme à la vision du King) invite des potes réalisateurs. Il y a Tobe Hooper, Joe Dante, John Carpenter, Stuart Gordon, Guillermo Del Toro (le nombre de maîtres présents varie selon les récits du repas). Pas des manches, quoi. Quand un anniversaire se fête à la table d'à côté, les réals lèvent leurs verres et Guillermo Del Toro balance en riant "les maîtres de l'horreur vous souhaitent un joyeux anniversaire !". Ces zombies qui nous questionnent Avant, c'était simple : les morts se relevaient pour aller becqueter illico les crétins qui passaient par là. |
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Et voilà que des petits salopiots en rajoutent une couche, bouleversent les règles pour aller plus loin. |
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Rendre crédible le retour des macchabées à la vie implique de s'interroger sur la place des morts et surtout celle des vivants. Faire revenir les morts, c'est ainsi forcément porter un regard de l'extérieur sur le monde. Prendre du recul, quoi. L'homme du dérèglementTrouver Joe Dante parmi les maîtres de l'horreur nous permet de constater l'importance du bonhomme. De ses Piranhas produits par Corman en passant par les gremlins de Spielberg, le petit Joe, pourtant assez intimiste sur ses derniers films, ne bénéficie pas a priori du titre qui va si bien aux Carpenter ou autres Argento, cadors reconnus du cinéma qui tache rouge. Un artisan zélé mais pas un chef de file, pourrait-on dire. On se trompe. Ici, dans le giron finalement protecteur et stimulant de la série télé (on est loin du temps de l'ORTF dites donc), certainement motivé par le fait de partager l'affiche avec les plus grands, Joe se lache. |
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![]() Vaudou de Jacques Tourneur |
Un pitch sublime pour une histoire aussi directe que suicidaire, surtout à la télé, pourrait-on penser. Oui mais voilà, on est allé chercher Joe pour lui laisser sa liberté alors maintenant il faut pas le chercher. |
Et discrimination positive ou pas, effet Roselmack ou pas, il se trouve que chez ces pros du mort qui marche à deux à l'heure, le zombie est souvent noir. Comme le leader des machabbées ambulants de "Vote ou crève". Les minorités ont beau se faire baiser, un de ces quatre, elles risquent bien de se faire entendre. Alors voilà : "Vote ou crève" a beau être juste un épisode de série télé, on a décidé, à Palma, de le classer (aussi) parmi les films. Parcequ'il en a toutes les qualités formelles, parcequ'il a été filmé dans les mêmes conditions qu'un long métrage. Parcequ'il va tellement loin qu'il ressemble furieusement à un film de Carpenter des années 70. Réjouissons nous : la subversion est de retour. On l'avait virée du grand écran à coups de compromis et d'impératifs commerciaux, elle rapplique par le petit. Il faudra bien s'y faire. |
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RN |
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