Vieillir, revenir
La ferme Célébrités - saison 2


De bien lucratifs Has been

La première saison a été un carton. Ca s'était fini par le couronnement d'un footballeur retraité et d'un garçon qui s'habillait en femme.
Tout le monde était surpris.
Le principe : voir des has been galérer. Rire de « célébrités » qui pataugent dans le lisier avec rien à bouffer. Et des disputes. Et un petit peu de cul si possible.
Mise en abîme. Des has been, Dechavanne et Carmouze offrent en pature des has been. Cruel mais (un petit peu) drôle.
Les audiences explosent les prévisions.
TF1 accentue le principe 9 mois plus tard avec une 1ere compagnie faisant payer à des « stars » leur célébrité passée par un séjour en caserne. Ca marche aussi. Du coup, la deuxième édition de la ferme se cherche. Et ne se trouve pas, commercialement.
Le trip « revival » Dechavanne Carmouze ne plait plus, les audiences s'effondrent. En plus, malgré les efforts de la production, pas de cul.
C'est que cette saison nous a montré autre chose. C'était plus du « Voici ». C'était triste. Triste et intéressant.

Le goût de la fin

Au milieu de célébrités pas célèbres (la femme de Pernault, Joana, Jerry comment déjà ?), on trouve des personnes qui ont vieilli.
Patrick Dupond n'est plus un danseur étoile. Henri Leconte est bien empâté. Princesse Erika ne chante plus ? Et Django Edwards, c'était pas lui le top de l'irrévérence il y a 10 ans ?
Régine. Emblématique de cette saison.
Régine qui exhibe sa vieillesse dans une société qui cache ses vieux pour vendre de la jeunesse.
Oui, elle fait peur. Oui, elle a vieilli.

Oui, ça existe, le déclin.
Botox, Viagra, Oméga 3, L'Oréal ; la ferme flingue tout ça prime après prime. C'est comme si le programme contredisait les réclames. En nous montrant le mensonge de la pub.
A mille lieux de la gentille petite cruauté que voulait inspirer l'émission, on se prend à réfléchir au décalage. Entre les pubs et l'émission. Et entre les désirs de retour au devant de la scène et cette vieillesse inexorable.
Pas du tout légère, cette ferme là.
Une baronne se fait piquer le cul par une autruche. C'est du Visconti. Une certaine idée de la décadence.
Vouloir faire une émission de télé-réalité et aboutir sur une illustration de la déchéance : voilà le problème de TF1.


Une histoire vraie de David Lynch


Reste le cas Jordy.
Star à 3 ans. En a-t-il au moins profité ? Has been.
Jeune et vieux.
C'est lui qui a gagné.
Je ne sais pas si c'est un happy-end.

 

 

 

RN