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Même principe : des pauvres gars qui jouent les mystérieux. Quand Petrelli cache à sa chérie qu'il peut voler, c'est Julien qui tait son activité de gigolo dans le loft dégradé. Hiro traverse l'espace temps quand l'un des zozos de la une prétend en secret avoir vu des extraterrestres. On savait qu'il y avait un peu le feu à la maison TF1 mais faire cohabiter au sein de sa grille une série et sa version dégénérée passée à la moulinette du n'importe quoi pourvu que ça rentre, c'est fort. Donc on a le choix : un produit premier prix, pas cher mais qui fait mal au bidon et sa déclinaison de grande marque qui demande un investissement prompt à planter les samedi soirs de la une. |
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Et Merde j'ai des pouvoirsA côté du loft réchauffé, des individus se découvrent des pouvoirs. Façon comics mais intimiste car peu friqué. La structure de Heroes ? Juste ça : Un catalogue de persos avec un secret un peu plus intéressant que Tatiana et ses colocs (quoiqu'Ophélie...). Au milieu de cette ribambelle de X-men en puissance, certains de ces nouveaux héros sont plus touchants que d'autres. Il en va ainsi de Matt, flic rondouillard télépathe au point de ne plus pouvoir vivre en société. Passé le temps du kif, soit une partie de jambes en l'air qui fait monter madame au plafond (c'est pratique de connaître les pensées et donc les désirs de bobonne !), le gentil flic découvre que tout le monde ment, ce qui devient insupportable. Le pouvoir ne tarde pas à devenir le vrai problème. Il faut le protéger pour échapper aux méchants. Et vivre avec ce qui reste, somme toute, une altération de la normalité. Un peu sur le modèle de l'homme invisible version Carpenter (ça s'appelait "Les aventures d'un homme invisible" et c'est une merveille méconnue), yuppie transparent avant de devenir vraiment invisible et se rendre compte que dormir est un vrai calvaire quand on voit à travers ses paupières. Ici et là, on part du personnage pour faire du fantastique le prolongement à peine poussé de ses préoccupations. On appelle ça une caractérisation aux petits oignons et ça dépasse le flemmard mais sympa Wolf de Mike Newell où Nicholson jouait un loup de la finance qui passait ses pleines lunes à bouffer des moutons et sauter sur des trempolines (à revoir pour le combat final James Spader / Nicholson aussi risible que le programme social de Sarko). |
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![]() Hellboy de Guillermo Del Toro |
Hellboy contre Kroenen : ressentir ou comprendreUne fois le défilé des Clark Kent passé, le clou de Heroes, le truc qui vous tient autant en haleine que compter le nombre de gars torturés par Jack Bauer en une journée, il faut le chercher dans l'antagonisme de ses deux personnages principaux. Soit Peter Petrelli versus Sylar. Les deux gusses ignorent évidemment tout de leur statut de leader et le découvriront en même temps que nous. Mais les scribouillards ont encore fait fort en choisissant, en chef des good guys un infirmier si gentil que son empathie le pousse à prendre les pouvoirs des héros à proximité. Une sorte de Malicia des X-men (la gamine qui tue les ados qu'elle embrasse sur la bouche) à l'efficacité décuplée par la fadeur de son interprète. La surprise n'en sera que meilleure. En face, Sylar est un méchant plutôt chiadé. Comme Petrelli, il est capable de piquer les attributs des autres héros, mais différemment : c'est un horloger si calé dans la compréhension des mécanismes suisses qu'il lui suffit de découper une boîte cranienne pour "comprendre" les pouvoirs de ses victimes. On prend un perso, on exagère et on lui trouve un pouvoir, on avait compris mais là ça prend des proportions joussives. Ces deux personnages sont presque identiques mais quand l'un tire sa puissance de ses sensations, l'autre le fait par sa compréhension. Guillermo Del toro avait montré la voie avec son Hellboy : un diablotin bourrin et porté sur ses émotions contre une très gutturale horloge tueuse (le flippant Kroenen). Hellboy fonce dans le tas et casse tout, ne pensant qu'à être aimé de sa craquante pyromane, Kroenen, véritable mécanisme ambulant ( c'est rigolo : quand il est mort, il suffit de le remonter), frappe juste pour tuer. Du rouge sang contre du métal froid, ça a tout de même une sacrée gueule ! Dans Heroes saison 1, cet antagonisme pose les jalons de la série. Façon intimiste. Puisqu'on vous a dit qu'être un héros c'est pas fun. On oublie les scènes d'action dantesques du chef d'oeuvre Deltorien et vive le mix entre X-men et Incassable en encore plus déceptif. Pas de baston entre héros, juste la découverte des personnages et leurs relations. Juste un truc bien écrit. C'est pas tout les jours qu'un infirmier dispute à une horloge l'avenir de l'humanité. |
RN |
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